2002, la dernière épopée

Le Sporting Club de Bastia et la Coupe de France, c’est une longue histoire d’amour. Depuis 1972, le club insulaire a déjà atteint les demies finales de la compétition à six reprises, remportant même le trophée en 1981. Pour son entrée en lice dans la version 2018-2019 du tournoi, le Sporting s’est largement imposé face au Stade Bastiais (R4), dix buts à rien. L’occasion de se remémorer la dernière épopée des Bleus en Coupe de France… Souvenez-vous en 2002.

Le 11 mai 2002, Le Sporting Club de Bastia affronte le Football Club de Lorient en finale de Coupe de France de football. Une rencontre qui, pour diverses raisons, fait partie de celles qui ne s’oublient pas…

Nous sommes sept mois après les incidents provenus en marge du match France – Algérie. Comme le veut le protocole, l’hymne national retenti après l’entrée des joueurs sur la pelouse. L’orchestre joue La Marseillaise, mais, pour des raisons politiques, l’hymne est sifflé par une large partie du public bastiais, présent en nombre dans les travées du Stade de France. Jacques Chirac, alors Président de la République, est sous le choc : « Ça siffle ? Je m’en vais » lance-t-il à Claude Simonet, Président de la Fédération française de football à l’époque. Chirac quitte la tribune présidentielle. Après que ce dernier ait présenté des excuses publiques, et avec trente minutes de retard, la rencontre débute enfin. Le lendemain, l’incident fait la Une des journaux.

Aujourd’hui défenseur du SCB, Nicolas Medori se souvient de l’évènement. Mais pas pour les mêmes raisons. En Février dernier, il nous expliquait à quel point ce match l’avait marqué« Bastia-Lorient ? C’est mon premier souvenir en tant que supporter du SCB. A l’époque j’avais six ans, et j’étais au Stade de France avec ma famille pour soutenir mon équipe ». Malheureusement pour Medori, les siens, et toute la Corse, le Sporting s’incline un à zéro face au FC Lorient de Jean-Claude Darcheville, unique buteur de la rencontre (41ème minute). Une défaite qui permet aux Merlus, et au célèbre youtubeur Rémi Gaillard (voir vidéo), de soulever pour la première fois de leur histoire, la Coupe de France.

Dix ans après…

Avant d’en arriver là, le Sporting a dû batailler. Alors que le club vit une saison plutôt morose (onzième à l’issue du championnat), Bastia va profiter de la Coupe de France pour faire vibrer ses supporters. Assez chanceux lors des tirages aux sorts (ils reçoivent quatre fois sur les cinq possibles), les hommes de Robert Nouzaret vont chronologiquement se débarrasser de Nantes (3-1), de Sochaux (2-1 a.p), de Nancy, club de deuxième division (2-0), de Libourne-Saint-Seurin (CFA), au stade Jacques Chaban Delmas de Bordeaux (1-0 a.p), et enfin du CS Sedan-Ardennes.

Le 30 mars 2002, les Bleus de Lilian Nalis affrontent les Sangliers de Modeste M’Bami, Henri Camara et de Pius N’Diefi. Dix ans après la catastrophe qui a ôté la vie à dix-huit personnes, le Stade Armand-Cesari accueille de nouveau une demie finale de Coupe de France. Comme un symbole, Morlaye Soumah, présent au soir du 5 mai 1992, est titulaire. L’émotion est immense. Elle est si forte qu’une minute de silence est improvisée par les joueurs et le public. Le lendemain, Tony Vairelles, attaquant du SCB, raconte sur le plateau de Téléfoot : « Ça s’est fait tout seul… Les joueurs sedanais ont vu qu’on se regroupait pour faire notre habituel cri de guerre d’avant match, et d’un seul coup, tout le monde s’est tu, c’était un joli moment ». Unique buteur de la rencontre (victoire 1-0 après prolongations), l’international français offre aux Turchini une première finale de Coupe de France depuis celle de 1981, date du sacre bastiais dans la compétition.

A quand la prochaine épopée ?

En ce soir de printemps 2002, la fête est à son comble. Le public célèbre la victoire, et se rue sur la pelouse. Au milieu de la foule, un homme, l’autre héros du match, Ali Boumnijel. Au micro de France 3 Corse, l’habituel remplaçant de Nicolas Penneteau n’oublie pas les victimes du drame de Furiani : « On pense beaucoup à ceux qui sont tombés ici il y a 10 ans, et cette victoire leur est dédiée » confie le gardien tunisien.

La suite on la connait. Une défaite face au FC Lorient en finale et puis plus rien. Plus rien à se mettre sous la dent en Coupe de France, jusqu’à aujourd’hui, mise à part deux huitièmes de finale perdus face à Lyon en 2006 (0-1) et Paris en 2008 (1-2).

L’an passé, le Sporting s’inclinait au cinquième tour de la compétition face à l’AS Furiani-Agliani (1-1, 5-6 aux tirs aux buts). En l’emportant face au Stade Bastiais lors du quatrième tour de l’exercice 2018-2019 (10-0), le SCB accède de nouveau à ce stade de la compétition.

Pour faire mieux que l’an passé, les Bastiais peuvent s’inspirer des Normands de l’US Granville, dernier club de cinquième division française à avoir accédé aux quarts de finale de la compétition. En 2016, ils s’inclinaient face au grand Olympique Marseille par la plus petite des marges (0-1). De quoi donner des idées à nos joueurs… E perchè micca noi ?

Pour les plus nostalgiques d’entre vous, voici les compositions de la rencontre entre le SCB et Lorient, lors de la finale de la Coupe de France 2002 :

SC Bastia : Ali Boumnijel, Cédric Uras, Frédéric Mendy, Morlaye Soumah, Christophe Deguerville, Lilian Nalis, Mickaël Essien, Cyril Jeunechamp (Cap) (puis Patrick Beneforti à la 75ème), Fabrice Jau, Tony Vairelles, Prince Daye (puis Dimitrius Ferreira à la 86ème). Entraîneur : Robert Nouzaret.

FC Lorient : Sébastien Hamel, Loïc Druon (puis Pascal Delhommeau à la 64ème), Arnaud Le Lan, Antony Gauvin, Richard Martini, Pape Malick Diop, Pascal Bedrossian (puis Nicolas Esceth-N’Zi à la 84ème), Pascal Feindouno, Seydou Keita, Éli Kroupi (puis Johan Cavalli à la 58ème), Jean-Claude Darcheville (Cap). Entraîneur : Yvon Pouliquen.

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