La véritable histoire de « ‘Ssu cantu »

Au fil du temps, « ‘Ssu cantu » est devenu un véritable hymne pour le Sporting Club de Bastia. Entonné par l’ensemble du Stade Armand-Cesari et aux quatre coins de la Corse depuis bientôt dix ans, ce chant est connu de toutes les générations. Voici son histoire. 

Il ne s’imaginait sûrement pas à un tel succès. Courant 2010, Nicolas Graziani, instituteur résidant dans le Nord Est de la France, rentre en Corse pour profiter de ses vacances. Le Sporting Club de Bastia est alors en National. Ancien membre du groupe de supporters Testa Mora, co-fondateur de Bastia 1905 et inconditionnel du club, il ne manque pas à son devoir et assiste à quelques matchs. Il en profite alors pour présenter une chanson, qu’il a lui-même écrit, au groupe de supporters du club. « J’ai pris le mégaphone et j’ai commencé à chanter “‘Ssu cantu”, se souvient Nicolas Graziani, ancien capo du groupe de supporters, les membres de 1905 l’ont repris avec moi et le chant a de suite été adopté par tout le stade ». « ‘Ssu Cantu » est entonné pour la première fois en tribune Petrignani le 6 août 2010, à l’occasion de la première journée de championnat face à Amiens. L’hymne qui résonne aujourd’hui aux quatre coins de la Corse est né.

En novembre, Thomas Casanova et ses amis se retrouvent au Sax Café, un bar situé proche du marché de Bastia. « On s’ennuyait, raconte le désormais joueur de l’Unione Corsa FC, club de foot familial évoluant à Paris, alors on s’est installé dans l’arrière-salle du bar, on a pris une guitare et on a chanté en polyphonie ». 

Conscients de tenir quelques choses, les trois chanteurs, Florian Guidi, Léo Castoriano et Thomas Casanova se filment avec un téléphone et partagent la vidéo sur Youtube. L’enregistrement fait rapidement le buzz et est visionné plus de 50 000 fois.

Six mois plus tard, les trois Bastiais enregistrent la chanson en studio, accompagnés de Fanou Torracinta, Petru-Pà Lorenzi et Jean-André Ceccarini. Encore un succès. Leur nouvelle vidéo fait, cette fois-ci, plus 300 000 vues. Quelques temps après, L’Abbrivu, un groupe corse de chanteurs professionnels, reprend l’hymne à son tour. « C’est à ce moment-là que nous sommes tombés dans l’oubli… » plaisante celui que l’on surnomme Casa.

Une mélodie très connue en Italie

Lorsque Nicolas Graziani présente son texte à Bastia 1905, il leur propose également une mélodie. Un air qui vient tout droit d’Italie, plagié sur une chanson qui date de 1972 : « Montagne Verdi », de Marcella Bella. De l’autre côté de la mer Tyrrhénienne c’est un tube. A tel point que, ces dernières années, plusieurs groupes ultras italiens l’ont reprise.

A l’image du « Dale Cavese », mélopée vénézuélienne des années 60, rendue célèbre par les Ultras Cava de’Tirreni et adaptée dans toutes les tribunes de la planète, la chanson de Marcella Bella est reprise dans plusieurs stades de la Botte. Principalement à Lecce et à Florence.

Ces derniers ont d’ailleurs fait scandale en décembre en 2010, lors d’un match de Coupe d’Italie contre Reggina. Ils ont lâchement adapté la chanson à leur manière, se moquant ainsi des trente-neuf supporters de la Juventus décédés en 1985 dans le stade du Heysel, en Belgique. « 10 000 partirono, 39 non tornarono più. Era il giorno del gran massacro, per noi viola un giorno sacro. Scorre il sangue sulle bandiere, delle merde Bianconere » (« 10 000 partirent, 39 ne revinrent plus. C’était un jour de grand massacre. Pour nous, la Viola, un jour de sacre. Le sang coule sur les drapeaux des merdes ‘Bianconere’. ») entonnaient-ils dans les travées du Stade Artemio Franchi de Florence.

Une reprise haineuse, bien loin de celle du Sporting Club de Bastia. Cette dernière racontant une magnifique « storia d’amore » (« histoire d’amour ») …

Paroles de « ‘Ssu cantu » 

‘Ssu cantu fattu di turchinu
Ti cont’una storia d’amore
Chì si pò nasce aiaccinu
E esse bastiacciu di core

Sta sera a voce di Furiani
Tutt’a tribuna Petrignani
Cant’a Corsica simu noi
Simu noi è solu noi

È quandu a gloria vulterà
Versu e nostre terre ferite
A cità ùn si scurderà
Di a lotta di l’accaniti

Tutti vuleranu sapè
Ancu quallà in cuntinente
Di ‘ssu gruppu natu per tè
È per tè noi ci femu sente.

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