Les anges mécaniques

Ils sont passionnés, travailleurs et passent la quasi-totalité de leur temps sur les circuits automobiles. On a souvent tendance à les faire passer au second plan, mais ce sont eux, les anges gardiens des pilotes. Eux, les mécaniciens du WTCR Oscaro.

L’Oscaro repair time, c’est leur moment. Entre les deux courses du dimanche, les mécaniciens bénéficient de quinze minutes pour réparer la voiture de leur pilote. Quinze minutes sous le feu des projecteurs. Un  quart d’heure de gloire certes, mais un temps qui semble insuffisant à côté de la charge de travail quotidienne effectuée par ces acharnés de sport mécanique.

David Medrano est mécanicien chez Campos Racing. Habituellement aux côtés de John Filippi, il s’occupe exceptionnellement de la voiture de Pepe Oriola pour la Race of Hungary. Dans un moment de calme, il nous parle des difficultés de sa profession : « C’est très difficile comme métier. On enchaîne les courses, on travaille énormément et on est loin de nos familles ». Un constat validé par Olivia Boutsen, Team Manager de l’écurie belge Boutsen Ginion Racing: « Tout le monde n’est pas à même de travailler sur ce genre de voiture et de tenir la cadence. C’est un métier très exigeant. Les mécaniciens commencent le travail sur la voiture à 7 heures et ne se couchent pas avant 1 heure du matin certaines fois. Ils ne vont pas dormir tant que la voiture n’est pas prête ».

La passion ça change tout

Après une journée de course éprouvante, nous rencontrons Anthony Renardy, à l’arrière du garage de DG Sport Compétition. Il est le responsable mécanique de la voiture d’Aurélien Comte. « Pas tout le monde ne peut faire ça » explique ce Belge de 29 ans. Il poursuit:

« Mécanicien dans le sport automobile ce n’est pas juste pour gagner sa vie, c’est un métier de passion. »

La passion du sport automobile, voilà ce qui réunit toutes les personnes qui travaillent sur le WTCR Oscaro. Anthony nous raconte comment est né son amour pour la mécanique : « Au début on rêve tous d’être pilote, mais on se rend compte que c’est un autre monde. Eux, dépensent leur vie dans le sport automobile, et nous, les mécaniciens, on la gagne ». C’est durant son adolescence qu’il a eu le déclic : « J’ai toujours eu cette passion pour la mécanique et les belles bagnoles. Mais j’entretenais, je personnalisais, seul, ma mobylette et mon karting. C’est comme ça que je me suis fait ma première expérience de mécano ».

L’histoire de David Medrano est un peu différente, passionné de motorsport depuis petit, lui, a toujours voulu réparer et non piloter : « Ce que j’aime dans mon métier c’est de prendre une pièce cassée, m’attarder dessus et prendre le temps de la refaire fonctionner. J’ai toujours voulu faire ce métier, et j’y suis parvenu ».

Quelle trajectoire suivre ?

Pour atteindre son objectif, le mécanicien espagnol de Campos Racing s’en est donné les moyens : « J’ai d’abord fait un grade supérieur de mécanique (équivalent de Bac +3 en France), puis j’ai passé un master en technique du sport automobile avec Campos Racing ».

Cependant, faire des études supérieures n’est pas la seule façon d’intégrer une écurie de sport automobile. Anthony Renardy nous livre son parcours : « Il y avait une écurie à 5 kilomètres de chez moi. J’avais un équivalent Bac et à 18 ans, j’ai été les voir et je leur ai proposé mes services. C’était deux semaines avant les 24 heures du Mans. Ils m’ont mis à l’essai durant cette période et j’ai été gardé. Depuis je n’ai jamais quitté ce monde ».

Comme le responsable mécanique de DG Sport, ils sont des centaines à vouloir une place de mécanicien dans le monde du motorsport, « Je reçois énormément de candidature chaque semaine » confie Olivia Boutsen. Elle continue : « Un bon mécanicien c’est une denrée rare, c’est très difficile à trouver. Lorsqu’un nouveau mécano intègre nos rangs, on lui fait passer une série de test, et ensuite on voit si ça marche ».

Pas le droit à l’erreur

Une fois cette étape franchie, il faut faire ses preuves sur le terrain. C’est à ce moment là, qu’un nouveau facteur entre en jeu : la pression. Et parfois, même les meilleurs perdent leurs moyens. La Team manager de Boutsen Ginion se souvient d’une anecdote :

« L’an dernier lors de l’épreuve en Thaïlande du TCR International Series, notre voiture a eu un petit problème. Pour la première fois, il y avait une séance de repair time et notre mécanicien en chef ne savait plus rien faire, il était tétanisé par le chrono. Finalement, Olivier Lainé, le co-dirigeant du Team, a pris les choses en main, on a fini le travail sur la grille de départ et on a gagné la course avec Aurélien Panis ».

Si pour cette fois-ci l’issue est heureuse, il ne faut pas oublier qu’elle peut être tragique : « Il faut toujours garder dans un coin de sa tête que la moindre erreur de notre part peut être fatale pour le pilote. » rappelle Anthony. Pour éviter la moindre catastrophe, il n’y a donc qu’une seule solution pour David : « Il faut rester concentré quoiqu’il arrive. La sécurité passe en premier plan. Nous avons énormément de responsabilités. »

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