Gary Coulibaly :”Ne pas monter ? Je n’y pense même pas”

Né à Bastia, Gary Coulibaly est aujourd’hui l’un des cadres du Sporting Club de Bastia. Passé par Istres, Levadiakos en Grèce, ou encore l’A.C.Ajaccio, vice-capitaine du Monaco de Claudio Ranieri, le milieu défensif est, depuis cet été, de retour dans son club formateur. A 31 ans, il a un objectif précis : ramener le SCB au plus haut niveau. Pour nous, il fait le point sur la saison en cours, se confie sur son retour à Bastia et revient sur sa carrière.

Bonjour Gary. Le Sporting reste sur deux matches sans victoire. Comment expliques-tu cette baisse de régime ?

En ce moment, nous manquons de réalisme devant le but. On se crée énormément d’occasions que l’on ne concrétise pas, surtout en début de match. Lorsque on ne trouve pas la faille, on se livre à des contres, et sur les deux derniers matches c’est comme ça que l’on a encaissé des buts. Malgré cela, nous sommes parvenus, à chaque fois, à revenir au score. Ça montre une vraie force de caractère. Si, par le travail, on devient plus tueur devant le but, et qu’on garde cette mentalité, je suis persuadé que ça va le faire.

En cas de victoire contre le Cannet, vous aviez la possibilité de revenir à trois points d’Endoume…

A la fin du match, nous étions évidemment très frustrés. Mais avec du recul, ce n’est pas bien grave. Endoume devait faire trois faux pas si nous voulions espérer quelque chose. Ils en ont fait un face à l’Etoile. Il faut juste se dire que nous avons grillé notre dernier joker. Nous sommes dans un championnat où toutes les équipes se valent. Tout va se jouer dans les derniers instants. Il reste neuf journées, donc qu’on soit à trois ou à cinq points, cela ne change rien.  Les trois prochains matches vont nous permettre d’y voir plus clair.

Cette série de trois matches commence dès dimanche par le derby face à la réserve de l’ACA. Est-ce que vous préparez cette partie différemment d’une autre ?

Un derby c’est toujours spécial. La suprématie locale prend le dessus sur la rencontre, mais au bout du compte, la victoire ne vaut que trois points. C’est un match comme un autre. Il n’y a aucune pression à se mettre, nous n’avons rien à perdre. Certes, il y aura beaucoup d’engament, mais si on arrive à jouer « libéré », il n’y aucune raison pour que ça se passe mal.

Justement, en ce moment, on a l’impression que les joueurs ne se lâchent pas assez…

Il faut qu’on apprenne à le faire. Si le niveau des joueurs était le même en match, qu’aux entraînements, nous aurions beaucoup plus de points. Nous en sommes capables. Il n’y a qu’à voir nos fins de match. Ce sont les seuls instants où l’on parvient à mettre de la folie. Le problème c’est qu’on fait ça pour revenir au score. Maintenant, il faut que l’on parvienne à démarrer les matches comme on les termine. Prenons le jeu à notre compte et c’est l’adversaire qui va courir après la marque, plus nous.

Le derby aura lieu sur la pelouse du stade François-Coty, une enceinte que tu connais bien.

C’est vrai. J’ai passé une superbe année à l’ACA en 2014. J’y ai rencontré des personnes formidables. C’était une très bonne expérience.

Mais une fois sur le terrain, il n’y aura plus d’ami. On va tout faire pour l’emporter.

Il y a d’ailleurs un ami à toi qui évolue à l’ACA, en équipe première : Jean-Louis Leca. Que penses-tu de sa décision. Celle de quitter son club de cœur, pour une autre aventure ?

Jean-Louis, comme Yannick (Cahuzac), on fait un choix, et on ne peut que respecter cela. Ce sont des mecs qui ont toujours mouillé le maillot, et qui ont toujours été irréprochables envers le Sporting. L’un évolue maintenant en ligue 1, l’autre joue la montée avec son équipe, donc je suis très content pour eux et je ne peux que leur souhaiter le meilleur.

Eux sont parti, et toi tu es revenu. Raconte-nous les dessous de ton retour.

Je sors de deux années à l’étranger (une en Belgique, et une en Grèce). Elles ont été formidables. Cependant, aujourd’hui, je suis marié et père de famille. J’avais besoin de me rapprocher. J’ai eu des propositions de première division belge, et je pouvais également continuer l’aventure avec Levadiakos. Mais lorsque j’ai reçu le coup de fil de Claude Ferrandi, puis celui de Stéphane Rossi, ma décision a été très rapide.

Quels ont été leurs mots pour te convaincre ?

Ils ont vraiment fait le maximum pour me faire venir. Ils m’ont présenté un projet très ambitieux, à savoir : ramener le Sporting dans le monde du football professionnel. Et puis c’est mon club… si c’était une autre équipe de N3, je n’aurai même pas regardé la proposition. C’est un grand challenge. J’espère le relever dans les trois ou quatre ans, pour que je puisse partir à la retraite en ayant contribué à la reconstruction du SCB.

Et en cas d’échec ?

Je suis venu ici pour un projet. Quoiqu’il arrive, je ne partirai pas sur un goût d’inachevé. Ne pas y parvenir est inimaginable, je n’y pense même pas.

J’imagine que tu es très heureux de retrouver le stade Armand-Cesari ?

C’est inexplicable. Je suis parti du club à contre cœur, en 2008. Je sortais d’une saison pleine en Ligue 2, et les dirigeants voulaient me prêter en national, donc j’ai dû aller voir ailleurs, pour me faire un nom. A l’époque ma femme était enceinte. Aujourd’hui, je reviens et j’ai mes deux petites filles en tribune. Il y a tellement de souvenirs qui remontent. A chaque fois que je porte le maillot du Sporting, il se passe quelques choses que personne ne peut comprendre. C’est vraiment très fort.

Tu as fait la majeure partie de ta carrière en ligue 2. Tu n’as quasiment pas connu la ligue 1, est-ce un regret ?

J’ai fait un match en première division, c’était le mauvais : Strasbourg-Bastia (2-0), une défaite synonyme de descente en deuxième division à l’époque. Je ne peux pas parler de regret car ce sont des choix que j’ai fait et je les assume. Lorsque j’étais à Monaco par exemple, j’ai eu des opportunités en Ligue 1 mais j’ai préféré rester sur Le Rocher, car le projet était plus intéressant. Maintenant que j’ai 31 ans, avec un peu de recul, oui, j’ai un goût d’inachevé.

Après le titre de champion de France de Ligue 2 avec Monaco, tu as fait 6 mois avec le groupe en L1. Et, tu n’as pas eu ta chance…

J’étais un des hommes forts de Claudio Ranieri en Ligue 2. Mais après l’accession, le club a mis des moyens énormissimes dans le recrutement et je me suis retrouvé en concurrence avec des Moutinho, Toulalan, Carvalho… etc. Ces mecs là sont des machines, c’était très dur de me faire une place. Pendant six mois j’ai eu la chance de côtoyer des joueurs du calibre de Falcao, ou de James Rodriguez, deux extra-terrestres. A leurs côtés j’ai énormément appris.

Aujourd’hui, tu es, à ton tour, cadre dans un groupe. Est-ce que tu te sers de cette expérience, pour aider les plus jeunes ?

Bien évidemment. Avec Gilles (Cioni), et Maka (Mary) on essaie d’encadrer les jeunes du mieux que l’on peut, que ce soit tactiquement, sur les positionnements ou les déplacements. Nous sommes les relais du coach sur le terrain, et on se doit de montrer l’exemple.

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