Réel et virtuel, même combat ?

En octobre dernier, la fédération allemande de sport automobile a officialisé le Sim racing comme sport mécanique. L’occasion de se poser une question : et si le pilotage virtuel était l’équivalent du pilotage réel ?

« We are not players, we are drivers ». C’est avec ces mots que se définit le Team Oscaro eSports. Avec l’officialisation du Sim Racing en tant que sport mécanique de l’autre côté du Rhin, ce slogan n’a jamais été aussi vrai. Pour Philippe Leaune, créateur de l’équipe, cela n’est que partie remise. Rencontré à l’occasion de la Paris Games week 2018, il nous propose une comparaison : « Un joueur de FIFA, si vous le mettez sur un terrain, il ne saura pas jouer, à part si c’est un footballeur. Un Sim racer, si vous le mettez sur un circuit et que vous lui expliquez comment fonctionne la voiture, il peut faire aussi bien qu’un vrai pilote ».

Son fils, Kevin Leaune, en est d’ailleurs le meilleur exemple. L’an dernier il participait à la Race of Champions aux côtés de pilotes de renoms comme Juan Pablo Montoya, David Coulthard ou encore Petter Solberg. Le jeune homme de 29 ans, multiple champion du monde sur Project Cars est même devenu pilote au sein de l’académie NextGen du constructeur automobile français, Venturi. Aujourd’hui, de plus en plus de constructeurs automobiles se lancent dans le eSport. Tous voulant leur équipe, « à l’image de McLaren » comme le rappelle Philippe.

La même chose…

Pour Kevin Leaune, le « Sim racing et le sport auto sont deux sports identiques ». Pour deux raisons. La première, au niveau sensationnel : « Ce que j’aime, c’est piloter. Je suis passionné de sensations fortes et de pilotage. Je retrouve ces deux choses en réel et en virtuel » raconte-t-il. La seconde, au niveau la préparation, quelle soit mentale ou au niveau des réglages. Il explique :

« On travaille sur la concentration. Pour les résultats déjà : les courses peuvent durer plus d’une heure certaines fois et il faut rester concentrer pour ne pas faire d’erreur. Ensuite, nous sommes habitués à piloter dans notre salon, ou du moins, dans un endroit où l’on a nos habitudes. Mais une fois qu’on arrive dans une arène par exemple, pour disputer une finale, il faut apprendre à maîtriser ses émotions ».

Gaetan Goarant était lui aussi présent à la Paris Games Week, actuellement quatorzième au classement du WTCR Oscaro eSports, il souligne l’importance d’une bonne préparation, entre deux séances de coaching  : « Il faut apprendre la piste, apprendre la voiture etc. Il faut être prêt pour être performant les jours de compétition ». Pour cela, le Team Oscaro eSports s’organise de façon bien précise : « Chacun à son rôle. On a des champions, des pilotes d’essais et des metteurs au point, puis d’autres font les trois. Une chose est sûre, on passe énormément de temps à régler la voiture » commente Philippe Leaune.

… à quelques exceptions près

Si les deux sports sont assez similaires sur certains points, sur d’autres, ce n’est pas le cas. Notamment au niveau physique. « C’est sur cet aspect que la différence se fait entre nous et les vrais pilotes de course » déclare le fondateur du Team Oscaro eSports. Gaetan Goarant continue : « Même si en termes de pilotage je pense que nous avons autant de talent que les pilotes réels, nous, on roule de chez nous… C’est difficile de comparer ». Kevin Leaune est assez d’accord sur ce point, pourtant, il n’oublie pas de dire que le Sim racing est la discipline eSport où le physique a la plus grande importance, du fait « de l’utilisation des mêmes parties du corps qu’un pilote lorsqu’il est dans sa voiture ».

Autre point de divergence : le ressenti. En mai dernier, Tom Coronel, pilote Honda sur le championnat du monde de voitures de tourisme, prenait la parole lors du lancement du jeu WTCR Oscaro Esports, au Nürburgring : « En réel il y a trois dimensions, en virtuel seulement deux. On ne ressent pas le mouvement de la voiture et donc on a plus de mal à en trouver la limite. Pour pallier ce manque de sensations corporelles, l’ouïe et la vue sont beaucoup plus sollicitées ».

Comme un clin d’oeil, sur les 25 adversaires du Hollandais dans le WTCR Oscaro, deux viennent du Sim racing : Norbert Michelisz et David Zsolt Szabo. De quoi donner de belles perspectives d’avenir à tous ces passionnés de sport automobile et de gaming…

Retrouvez la vidéo du Team Oscaro eSports à la Paris Games week 2018 : 

 

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