Sir Loubet et Sir Landais

Le bonheur avec Pierre-Louis Loubet et son copilote Vincent Landais, c’est d’écouter leur enthousiasme, le vivre et le ressentir avec eux. Partager le plaisir qu’ils éprouvent à courir sur toutes les routes et pistes du monde. A l’heure de dresser le bilan de la saison 2017 avec eux, puisqu’elle vient de s’achever avec le Wales Rally GB -que l’on aime appeler toujours « le RAC »- à l’heure de tirer les conclusions, il apparaît clairement que les deux complices se régalent. « Au fond, je n’ai pas de rallye préféré, je les aime tous ! », constate Pierre-Louis. Repris en écho par Vincent : « c’est bête, j’ai l’impression de répéter tout le temps la même chose, et pourtant c’est vrai : à chaque fois quand on termine, je dis que c’était magnifique ! » Ne pas se fier au seul résultat du Wales Rally (8e en WRC2, sur 20 classés) : l’équipage a accumulé cette année une riche expérience au sein du team MSport, Champion  du Monde WRC avec Sébastien Ogier. Et les observateurs avisés n’ont pas manqué de noter avec intérêt la courbe ascendante sur laquelle le duo Loubet-Landais roule désormais.

« J’étais content parce que Vincent était remis sur pied pour le Pays de Galles. Après l’Espagne, il est tombé malade ; il s’est retrouvé à l’hôpital et on a d’abord cru qu’il avait une pancréatite. Finalement, c’était une intoxication alimentaire. Ouf ! En Grande-Bretagne, franchement, il a bien bossé. Une fois de plus. Mais vraiment super bien ! Il était en pleine forme.
On arrivait sur un beau terrain pas facile, de superbes routes forestières bordées d’arbres, et pleines d’obstacles. Avec, comme toujours, l’incertitude météo. Les reconnaissances, on les a faites sous la pluie. Mais la course, c’était du soleil du début à la fin… Enfin presque. Parce que pour les spéciales de nuit, on s’est retrouvés embarqués dans une autre histoire.
J’ai fait un bon vendredi. J’étais là, dans un bon rythme, cinquième. Les écarts étaient très très serrés. Et devant, il y avait des pneus d’une autre marque que les nôtres, avec des flancs plus souples, et qui allaient beaucoup plus vite. Donc, sans me chercher d’excuses, j’avais de quoi rester confiant. »

« Le samedi commence bien. Et puis le soir, je perds une minute dans le brouillard. Je n’avais jamais vu ça ! On avait carrément un mur devant la voiture ! Je ne sais pas comment c’était pour les autres, avant ou après, mais pour nous, c’était un truc auquel nous n’avions jamais été confrontés de notre vie ! Je n’avançais plus. J’étais sur le deuxième rapport même en ligne droite. En 2, en 3… A l’arrêt, quoi. Je ne voyais rien de rien. L’horreur ! Et surtout, ces conditions se sont éternisées tout le long de la spéciale. J’espérais que le brouillard finirait par se lever à un moment, mais pas du tout. Infernal ! J’en ai discuté à l’arrivée avec d’autres concurrents : certains avaient connu la même chose, mais seulement sur une portion de la spéciale. Je leur ai dit : ‘’mais moi, j’ai eu ça partout !’’
Aux amis qui estiment qu’une minute perdue dans ces conditions, ce n’est rien, je réponds que si, c’est beaucoup. C’est même énorme sur une spéciale de 10 km. Passez-moi l’expression, mais ça fait vraiment ch… Une minute et on se retrouve 8e. Vous pensez qu’on a été ‘’noirs de chez noir’’ ? Moi je vous dis surtout que j’étais vert ! »

« Après ça, je n’avais plus rien à perdre. Il fallait attaquer. Le lendemain, dernier jour, j’ai de nouveau bien roulé. Mais dans l’avant-dernière spéciale, petit problème… Je rentre un peu trop fort dans un gauche, et je pars en tonneaux. Mais pas vite. Je suis parti tout doucement. Sur un ‘’ciel’’, la voiture a glissé, puis à la réception elle a tapé sur le côté et nous a envoyés en tonneaux. Elle est retombée sur ses quatre roues, sans dommages, et je suis reparti. Il restait deux spéciales et dans la dernière, je signe un bon temps. Au final, c’était pas mal. Au moment d’entrer dans l’intersaison, je veux rester sur cette impression, sur la conviction d’avoir accumulé cette année une précieuse expérience chez MSport, qui va porter ses fruits en 2018.»

« En termes de performances, on a été là sur tous les rallyes, mais on a eu du mal à concrétiser par des résultats. J’ai cru au podium en Corse où, sans un souci de freins, nous terminions 3e. Je l’ai senti à portée de main en Sardaigne et en Finlande, mais voilà… Un truc qui casse sur la voiture, un incident, et les espoirs s’envolent. Je ne vais pas pour autant sombrer dans le désespoir, ce serait très prématuré !!! Mon emploi du temps après ce RAC : quelques jours à Paris auprès de ma chérie ; une présence à Lédenon avec Rallyes Jeunes FFSA où j’emmène des journalistes pour un baptême ; et puis des essais de voiture pour le magazine Echappement. Ensuite, retour au pays, en Corse, où je vais m’entraîner à fond, tout en montant le programme de l’année prochaine avec mon coach, Nicolas Bernardi. La stabilité étant une des clés de la réussite, je peux déjà vous dire que mon copilote sera Vincent Landais… Il est trop fort ! »

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